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    Infections liées aux soins

    Le contrôle des infections liées aux soins repose sur des mesures d’hygiène, des mesures de prévention et de lutte contre les infections, sur un diagnostic approprié et sur un usage rationnel des antibiotiques. Ces infections sont une source de préoccupation majeure car elles ont des conséquences délétères sur l’état de santé des patients, peuvent prolonger les hospitalisations et accroître significativement les coûts de santé.

    Selon l'OMS, 7 % des patients dans les pays développés et 10 % dans les pays en développement contracteront au moins une infection liée aux soins pendant leur hospitalisation, la mortalité attribuable à ce type d’infections étant estimée à 10 %. (110)

    • En Europe, les infections liées aux soins touchent 6 à 12 % des patients hospitalisés.(46)
    • Aux États-Unis, elles ont concerné plus de 700 000 patients en 2011(47), entraînant des milliers de décès prématurés et des coûts pour le système de santé estimés à 30 milliards de dollars

    On a quelquefois le sentiment erroné que les infections liées aux soins sont sous contrôle. Cependant, avec l’accroissement des résistances bactériennes, comme les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) et les entérobactéries résistantes aux carbapénèmes (ERC), ces infections représentent plus que jamais une menace pour la santé publique. De plus, les infections liées aux soins sont généralement associées à des taux de résistance aux antibiotiques plus élevés que les infections contractées dans la communauté.(48)

    Zoom sur la résistance au carbapénème

    En 2014, bioMérieux a initié un projet collaboratif avec le Professeur Patrice Nordmann, chef du service de bactériologie, virologie et parasitologie de l’hôpital Bicêtre et directeur de l’unité INSERM U914, Résistances émergentes aux antibiotiques. Grâce à cette initiative conjointe, le test RAPIDEC® CARBA NP a été lancé en 2014. Il s’agit d’un test colorimétrique rapide, facile à utiliser et d’un bon rapport coût-efficacité, qui confirme la présence de bactéries productrices de carbapénèmases. Il fait partie d’une gamme complète de solutions permettant de détecter une résistance au carbapénème en associant plusieurs techniques : culture, antibiogramme classique rapide, biologie moléculaire et typage.

    COMMENT CONTRÔLER FACILEMENT LES BACTÉRIES PRODUCTRICES DE CARBAPÉNÈMASES

    Portrait1

    Patrice Nordmann, MD, PhD

    Professeur titulaire de la chaire de microbiologie
    Unité de microbiologie moléculaire et médicale
    Département de médecine, Faculté des Sciences
    Université de Fribourg, Suisse

    « La diminution de la sensibilité, ou résistance, aux carbapénèmes peut être due à une bactérie qui produit une enzyme de type carbapénèmase (ß-lactamase qui hydrolyse les carbapénèmes). Cependant, l’antibiogramme ne suffit pas à confirmer ou à exclure la production de ce type d’enzyme.

     

     Le test RAPIDEC® CARBA NP* détecte rapidement l’activité carbapénèmase des bactéries à Gram négatif, telles que les entérobactéries, P. aeruginosa et A. baumannii. Il est basé sur la détection de l’hydrolyse du cycle ß-lactame d’un carbapénème (l’imipénème). L’hydrolyse génère un dérivé acide qui modifie la couleur de l’indicateur de pH (une solution de rouge de phénol). Cette modification colorimétrique est visible à l’œil nu ; il n’est pas nécessaire d’utiliser un dispositif de lecture. L’absence de changement de couleur dans les 2 heures indique l’absence de carbapénèmase.

     

    Le test RAPIDEC® CARBA NP permet de mettre en évidence une résistance aux carbapénèmes en moins de 2 heures (contre 24 à 48 heures auparavant). Il peut être réalisé directement sur des colonies isolées que l’on a prélevées sur des milieux de culture adaptés, sélectifs ou non.

     

    Le test est recommandé pour identifier rapidement toutes les carbapénèmases des entérobactéries les plus fréquemment isolées dans le monde de nos jours : KPC (Klebsiella pneumoniae carbapenemase), NDM (New Delhi metallo-ß-lactamase), VIM (Verona integron-encoded metallo-ß-lactamase), IMP (impénémase) et OXA-48 (oxacillinase-48). Par exemple, les bactéries productrices de KPC peuvent être identifiées en moins de 30 minutes.

    Le test présente une excellente sensibilité et une remarquable spécificité, et il permet aux laboratoires de rapidement et aisément mettre en œuvre un programme personnalisé de détection des bactéries productrices de carbapénèmases. De plus, il ne nécessite aucune infrastructure particulière, ni aucune technologie supplémentaire. »

     

    * Le test RAPIDEC® CARBA NP a été développé en collaboration avec le Professeur Patrice Nordmann et le Docteur Laurent Poirel à partir du test originel Carba NP.

    Les cathéters à demeure, les dispositifs intravasculaires et les systèmes de ventilation assistée sont en eux-mêmes des outils extrêmement utiles pour la prise en charge et le traitement de diverses affections, mais ce sont aussi les principaux facteurs à l’origine des infections liées aux soins .(42) La présence ou l’utilisation de ces dispositifs médicaux en usage répété peut entraîner des infections inopinées. Les micro-organismes associés aux soins de santé peuvent infecter le sang (10 à 14 % des infections liées aux soins), les voies respiratoires (13 à 30 % des infections liées aux soins), les voies urinaires (14 à 34 % des infections liées aux soins), le tractus gastro-intestinal (20 % des infections liées aux soins) ou les sites opératoires (13 à 30 % des infections liées aux soins).(47),(49),(50),(51)

     

    Dans les établissements de soins, les bactéries comme Staphylococcus aureus, Klebsiella pneumoniae ou Acinetobacter baumannii se propagent facilement entre les patients, ce qui est à l’origine d'épidémies associées aux soins de santé. Les épidémies de ce type se déclarent plutôt dans les unités de soins intensifs et les centres de néonatalogie où elles touchent les individus les plus vulnérables tels que les nourrissons prématurés, les patients dont le système immunitaire est affaibli ou les personnes présentant d’autres maladies (p. ex. du diabète) ou recevant des soins médicaux sophistiqués (chirurgie complexe, greffe d’organe, mise en place d’implants médicaux, etc.). La propagation de ces bactéries entre les hôpitaux et même par-delà les frontières via le transfert de patients infectés ou colonisés (porteurs) a été maintes fois confirmée.

     

    Les bactéries ne sont pas les seules responsables d’infections dans les hôpitaux. Depuis 2009, une levure nommée Candida auris est devenue multi-résistante et représente une réelle menace pour les hôpitaux du monde entier. Les levures ne sont pas éliminées par les antibiotiques, elles nécessitent le recours aux antifongiques. Quelques souches de Candida auris sont maintenant résistantes à la plupart de ces médicaments et peuvent être responsables d’infections fatales, notamment chez les patients immunodéprimés. Après une première apparition au Japon et plusieurs épidémies enregistrées dans dix  autres pays, on recense un nombre croissant de cas  de « super levures » aux Etats-Unis. Le CDC* a donc lancé un appel pour des mesures renforcées de contrôle et de sensibilisation à cette infection.(84)

    Solutions pour le contrôle de l’environnement de soins

    Certains micro-organismes sont particulièrement difficiles à éradiquer en raison de leur persistance dans l’environnement (air, eau, surfaces ou dispositifs médicaux) et de leur contagiosité. Les différentes méthodes et produits pour le nettoyage de l'environnement hospitalier peuvent s’avérer extrêmement rentables pour lutter contre les infections liées aux soins. (112)

    Les solutions de bioMérieux de prévention et contrôle de l’infection, d’hygiène de l’environnement, aident à garantir la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la propreté des surfaces, à prévenir la propagation des maladies qui se transmettent par voie aérienne et à freiner la transmission croisée de micro-organismes par l’eau, les surfaces et les dispositifs médicaux.

     

    SAMPL'AIR™ est un instrument très performant, simple d’utilisation, destiné à la surveillance régulière de l’air. Il est associé à plusieurs milieux de culture pour contrôler à la fois les zones de soins protégées et non protégées

    La solution de rinçage DNP1 + thiosulfate, la gélose GVPC et BIONEXIA® Legionella, entre autres solutions proposées par bioMérieux, contribuent à la détection des microbes dans les zones critiques (p. ex. contrôle de l’eau pour hémodialyse, contrôle de la désinfection des endoscopes ou détection de Legionella dans l’eau des établissements et dans les circuits de refroidissement).

    COUNT-SLIDE™ et la gamme de produits COUNT-TACT® permettent un contrôle standardisé des surfaces.

    Les infections dues à Klebsiella pneumoniae les plus fréquentes

    La bactérie Klebsiella pneumoniae colonise le tube digestif de l’homme et des animaux. Klebsiella pneumoniae productrice de ESBL est l’une des bactéries multirésistantes que l’on rencontre le plus fréquemment dans les infections liées aux soins dans le monde.

    • Chez les patients hospitalisés, Klebsiella pneumoniae est une cause fréquente d’infections des voies urinaires ou respiratoires, en particulier de pneumonie grave.
    • Chez les nouveau-nés, Klebsiella pneumoniae peut provoquer des infections présentes dans le sang associées à des taux élevés de mortalité.

    Klebsiella pneumoniae est de plus en plus résistante aux carbapénèmes et aux polymyxines.

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    Les infections les plus fréquentes dues à Acinetobacter baumannii

    La bactérie Acinetobacter baumannii devient de plus en plus résistante à de nombreux antibiotiques et parvient très bien à survivre dans les lieux de santé. Sa capacité à former des « biofilms » – même sur les surfaces de l’environnement – la protège de l’action des agents antimicrobiens et des biocides. De ce fait, elle est particulièrement difficile à maîtriser.

    • Acinetobacter baumannii peut être isolée dans les unités de soins intensifs et provoquer des pneumonies acquises sous ventilation, des endocardites, des méningites et des infections de la peau et des tissus mous – sans oublier des infections contractées au niveau de prothèses.

    Acinetobacter baumannii est de plus en plus résistante aux carbapénèmes.

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