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  • De la ferme à l’alimentation à l’homme : une seule santé

    Les bactéries et l’environnement

    Les bactéries et l’environnement

    Tous les secteurs environnementaux sont reliés. Les hommes et les animaux échangent continuellement des bactéries pathogènes ou non pathogènes, résistantes aux antibiotiques ou non. Ces bactéries peuvent facilement se retrouver dans l’environnement par différentes voies.

    La propagation de la résistance aux antibiotiques

    L’homme, les animaux domestiques et les exploitations d’élevage et piscicoles dépendent de classes d’antibiotiques similaires pour lutter contre les maladies infectieuses. Les bactéries tant pathogènes que non pathogènes évoluent ou se transmettent la capacité à survivre lorsqu’elles sont exposées à ces antibiotiques. Elles peuvent ensuite se propager dans l’environnement par différentes voies, p. ex. via les systèmes d’assainissement de l’eau (1) car les stations d'épuration des eaux usées n'éliminent pas entièrement les bactéries résistantes aux antibiotiques avant de rejeter l’eau dans le milieu naturel. Une autre voie de transmission courante est l’épandage d’engrais animal (fumier) contenant des bactéries résistantes dans des champs cultivés (2) où les bactéries peuvent se multiplier sur les plantes (3).

    Ces bactéries résistantes peuvent alors être transmises via la chaîne alimentaire, lorsque par la suite, l’homme consomme ces plantes (4) ou la chair d’animaux et de poissons contaminés par ces bactéries (5). Les bactéries pouvant facilement atteindre les réserves d’eau, les infrastructures de distribution d'eau représentent une autre voie de propagation des bactéries résistantes (6). Même les animaux sauvages, les insectes et autres petites bêtes sont susceptibles d’être porteurs de bactéries résistantes aux antibiotiques (7). Toutefois, ce sont le tourisme, les mouvements migratoires et les importations alimentaires (8) qui ont été décrits comme étant la manière la plus rapide de disséminer les souches de bactéries résistantes à travers les frontières.

    Au niveau des établissements de santé, les bactéries résistantes peuvent se transmettre par contact entre les patients ou via le personnel soignant, ou encore par l’intermédiaire de surfaces et de dispositifs médicaux ayant été contaminés (voir INFECTIONS  LIÉES AUX SOINS).

    La transmission des bactéries résistantes par l’intermédiaire des produits alimentaires est une voie avérée de propagation de la résistance aux antibiotiques. Traiter les animaux d’élevage par des antibiotiques peut également s’avérer préjudiciable pour la santé des agriculteurs car ceux-ci peuvent être infectés par des bactéries résistantes provenant des animaux et les transmettre à d’autres personnes. Plusieurs études ont mis en évidence des taux élevés de transmission du SARM entre animaux et travailleurs agricoles.(39)

     

    Des bactéries résistantes provenant de l’homme ont été retrouvées dans des stations d’épuration des eaux usées, dans l’eau traitée rejetée dans l’environnement et dans du lisier épandu sur des terres agricoles. Dans les pays en développement, les concentrations les plus élevées d’antibiotiques et de bactéries résistantes sont relevées dans les effluents des hôpitaux et des sites de fabrication des médicaments.(40)

    Réservoirs de bactéries résistantes aux antimicrobiens